Le point sur les marchés : un trimestre avec des hauts et des bas

03 juillet 2020 | Analyse de portefeuille

Peu à peu, nous reprenons une vie normale. Aujourd’hui, nous allons aborder les questions suivantes :

  1. Que font les bourses ?
  2. L’économie va-t-elle suivre les marchés ?
  3. Et que font les autorités ?

Les bourses montrent une reprise en V

Les investisseurs et les marchés boursiers se montrent résilients. En à peine 11 semaines, les bourses mondiales ont récupéré plus des trois quarts de la correction engendrée par le coronavirus.

Les bourses se sont donc plutôt bien rétablies. Cela prouve une fois de plus que rester investi pendant une crise permet de participer pleinement à la reprise qui s’en suit. L’investisseur qui sort du marché prend en fait un risque important.

Mais d'où vient ce sentiment de marché particulièrement positif ? L'aplatissement graduel de la courbe du virus dans les principales économies du monde suscite l'optimisme. La propagation du coronavirus ralentit progressivement, certes avec des hauts et des bas. Cela permet aux entreprises de redémarrer doucement, motive les consommateurs et participe ainsi à la relance économique. Cette perspective est déjà intégrée dans les cours de bourse.

L’économie suivra-t-elle ?

La vigoureuse remontée boursière prend la forme de la lettre V qui est aussi la lettre représentant la victoire. Mais l'économie, pourra-t-elle aussi crier victoire ? Restons prudents. D’une part, une série d’indicateurs économiques donnent un signal positif mais d’autre part, nous savons que 2020 sera une année de récession.

Il est actuellement difficile de prévoir dans quelle mesure l'économie va se contracter. Le plus important est peut-être de savoir combien de temps il faudra à l'économie pour sortir de l’impasse. Les économistes utilisent les lettres V, L et U pour décrire les différents scénarios. Une reprise en V indique une reprise économique rapide et vigoureuse. Dans un scénario en L, l'économie tourne au ralenti pendant une longue période. En d’autres termes, il s’agit ici d’une crise mondiale sur plusieurs années. Aucun de ces deux scénarios ne semble très probable pour l'instant. Nous estimons plutôt qu’une reprise en U se profile, caractérisée par une passe difficile et persistant un certain temps avant une reprise progressive. Bien sûr, cela va dépendre en partie d'une éventuelle deuxième vague et de son intensité.

Les autorités à la rescousse

Dans le monde entier, les gouvernements et les banques centrales veulent à tout prix stimuler l'économie. Ils emploient donc les grands moyens. Aux États-Unis, les autorités fédérales déboursent 2 000 milliards de dollars. La banque centrale américaine apporte, elle aussi, une contribution au moins équivalente. L'Europe octroie quant à elle 540 milliards d'euros de prêts aux États membres, 750 milliards d'euros de soutien économique. Et la BCE injecte 1 350 milliards d’euros dans le système.

Ces sommes colossales posent évidemment question, notamment celle de la création d’inflation. Cela ne devrait pas être un problème. L'économie devrait doucement retrouver son équilibre au cours de la période à venir, ce qui permettra de maîtriser le niveau des prix. Les perturbations sur le marché du pétrole jouent également un rôle modérateur.

« Qui va payer ? » est une autre question que l’on nous pose souvent. Soyons honnêtes : il n’existe pas de solutions budgétaires adéquates. Mais ce programme de soutien a une valeur symbolique importante. La solidarité financière entre le Nord et le Sud de l'Europe semble plus grande que jamais.

Conclusion : regardons vers l’avenir

Les investisseurs sont parfois d’éternels optimistes, mais ils ne sont pas naïfs pour autant. Leur comportement s’explique rationnellement : ils anticipent aujourd’hui les bénéfices futurs à court et moyen termes. Si l'économie continue à se redresser progressivement et que les taux d'intérêt restent bas, les actions présentent toujours un potentiel intéressant, surtout si on les compare à un placement en cash qui ne génère aucun rendement.

Concernant la gestion des portefeuilles, il est essentiel de sélectionner des entreprises et des secteurs qui proposent des solutions durables aux grands défis actuels et qui affichent ainsi une croissance équilibrée et robuste.