Vidéo Le point sur les marchés : Entre tensions géopolitiques et évolutions technologiques
- 1 avril 2026
Depuis plusieurs semaines, les tensions au Moyen-Orient sont revenues au centre de l’actualité. Elles ont ravivé la volatilité, en particulier sur les prix de l’énergie. Comme souvent dans ce type de contexte, les marchés alternent entre baisses et rebonds, avec une certaine nervosité.
Dans cette vidéo, nous analysons les différentes dynamiques qui influencent les marchés depuis le début de l’année : la solidité des entreprises, les transformations technologiques en cours et, bien sûr, le contexte géopolitique.
Découvrez notre analyse en vidéo ou lisez la transcription ci-dessous. Cette vidéo a été enregistrée le 30 mars 2026.
Résultats solides et normalisation des valorisations
Les entreprises ont publié de beaux résultats au 4e trimestre 2025. Ceux-ci sont particulièrement bons aux États-Unis où ils ont même dépassé les attentes. Les marges restent confortables et la demande intérieure bien orientée. C’est un élément rassurant, surtout dans un contexte plus volatil. Par ailleurs, les bénéfices des entreprises américaines ont progressé plus vite que les cours, ce qui a fait baisser les valorisations. Cette normalisation est saine et bienvenue après les craintes de bulle spéculative observées au cours des derniers mois.
L’IA fait bouger les lignes
Un autre phénomène marquant de ce début d’année est le net recul des actions dans le secteur des logiciels. L’intelligence artificielle met sous pression le modèle économique de certaines entreprises qui doivent désormais faire face à une concurrence nouvelle : certaines tâches autrefois réalisées par des logiciels traditionnels sont désormais automatisées ou réalisées plus efficacement par des modèles d’IA générative.
Cette évolution n’affecte toutefois pas toutes les entreprises de software de la même manière. Les acteurs dont les solutions sont dédiées à des tâches complexes et profondément intégrées dans les processus de leurs clients restent nettement moins vulnérables.
Cette pression se ressent aussi sur les marchés non cotés, comme ceux du private credit et du private equity. Ces marchés ont financé ou investi dans un ensemble d’entreprises, dont des entreprises de software.
En revanche, certaines entreprises profitent, quant à elles, de l’essor de l’IA. Il s’agit notamment d’acteurs dans la construction de data centers, les infrastructures énergétiques ou encore les équipements électriques.
L’IA en est encore à ses débuts et son caractère disruptif rend ses implications futures difficiles à anticiper. Son développement requiert des investissements aussi considérables que nécessaires pour ne pas rater le virage technologique. Inévitablement, cela soulève des questions quant à la rentabilité future des moyens importants qui ont été mobilisés par les grands acteurs de la technologie. Par ailleurs, l’IA entraînera très certainement des ajustements sur le marché de l’emploi : certains métiers vont disparaître, d’autres vont se transformer, et de nouveaux vont apparaître.
Quoiqu’il en soit, l’IA n’est pas un phénomène sectoriel isolé, limité à la technologie. C’est une réorganisation structurelle de l’économie qui influence déjà les marchés et continuera de le faire durablement.
Moyen-Orient : énergie, inflation, taux et croissance
Les marchés, et plus particulièrement le secteur de l’énergie, sont très attentifs aux tensions actuelles au Moyen-Orient. Le détroit d’Ormuz est un point de passage stratégique où transitait chaque jour environ 20 % du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié. Le blocage du détroit ainsi que les attaques sur les sites de production dans la région du Golfe font flamber les prix de l’énergie.
Ces derniers jours, le conflit s’est intensifié avec l’implication des Houthis qui menacent de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, autre point de passage crucial du trafic mondial de pétrole et de gaz vers le canal de Suez. Ce nouvel élément pourrait rajouter de la nervosité sur les marchés.
Les prix de l'énergie en Europe repartent à la hausse
- Pétrole (Brent)
- Gaz (TTF)
Sur le plan économique, la hausse des prix de l’énergie se transmet d’abord au pouvoir d’achat des ménages et aux marges des entreprises qui diminuent. Mais cet impact varie selon les régions : l’Europe et surtout l’Asie sont très dépendantes des importations d’énergie, alors que les États-Unis sont exportateurs nets de pétrole et de gaz. Mais cela n’empêche pas les prix à la pompe d’augmenter également aux États-Unis, les cours du pétrole étant fixés au niveau mondial.
Il existe néanmoins une bonne nouvelle : l’économie mondiale est désormais moins dépendante du pétrole que lors des crises pétrolières des années 1970 grâce au développement des énergies renouvelables et à la part croissante des services dans l’activité économique.
Mais qui dit hausse des prix, dit hausse de l’inflation, et donc potentiellement hausse des taux d’intérêt. Le rôle des banques centrales est de veiller à l’équilibre entre inflation et croissance, en regardant au-delà des chocs temporaires. Si le conflit devait s’enliser, la Fed pourrait retarder son cycle de baisses de taux et la BCE pourrait envisager de relever les siens. Quant aux taux à long terme, ceux-ci sont repartis à la hausse au cours des dernières semaines, reflétant l’incertitude des investisseurs.
Les répercussions des tensions au Moyen-Orient se font donc déjà ressentir. Les risques d’une hausse de l’inflation, d’une augmentation des taux d’intérêt et d’un ralentissement de la croissance sont réels. L’ampleur de l’impact dépendra de la suite du conflit, du risque d’escalade et de la durée des perturbations des voies maritimes. Mais un autre élément sera tout aussi déterminant, à savoir la manière dont les entreprises gèreront l’incertitude. Les prochains résultats trimestriels donneront une indication des conséquences économiques du conflit.
La réaction des marchés actions
Depuis le 28 février, les marchés européens et asiatiques ont davantage souffert des tensions en raison de leur dépendance énergétique, alors qu’ils avaient bien progressé jusqu’alors.
Les actions américaines ont mieux résisté, dans un 1er temps
En euro
- Europe
- États-Unis
- Marchés émergents
- Japon
Les marchés américains ont dans un premier temps mieux résisté, mais ils ont aussi fini par reculer. En équivalent euro, leur repli est un peu plus limité. En effet, dans ce contexte d’incertitude géopolitique, le dollar retrouve son rôle de valeur refuge et a repris quelques couleurs.
Au cours des dernières décennies, les chocs géopolitiques ont très souvent provoqué une réaction immédiate et parfois marquée des marchés, mais leur impact sur la performance s’atténue généralement avec le temps.
La résilience des marchés actions face aux chocs géopolitiques
S&P500
- Kippour (1973)
- Iran-Irak (1980-1988)
- Golfe (1990-1991)
- Irak (2003)
- Ukraine (2022 - aujourd'hui)
Qu’il s’agisse des conflits antérieurs au Moyen-Orient ou de la guerre en Ukraine, les marchés ont démontré à maintes reprises leur capacité à absorber ces épisodes d’incertitude, surtout lorsque les fondamentaux économiques sont solides.
Conclusion
Les prochaines semaines resteront certainement volatiles. La durée du conflit et sa possible extension seront déterminantes pour l’économie et les marchés. L’évolution des prix de l’énergie restera au centre de l’attention. S’ils continuent de grimper, ils pourraient raviver l’inflation et freiner la croissance. Les conséquences du conflit dépendront aussi de la capacité des entreprises à absorber ou à répercuter des coûts plus élevés, même si tous les secteurs de l’économie ne seront pas impactés de la même manière.
Au-delà de ces différents scénarios, nos équipes restent attentives aux transformations structurelles en cours, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. Ces évolutions rappellent que les périodes de transition bousculent certains secteurs mais créent aussi de nouvelles opportunités, tant pour les entreprises que pour les investisseurs.
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