Vidéo Le point sur les marchés : Bilan de 2025, enjeux pour 2026
- 9 janvier 2026
Après une année marquée par des rebondissements et des incertitudes, quel bilan tirer des marchés financiers ? Nous revenons sur les principaux enseignements de 2025 et mettons en perspective les tendances qui pourraient façonner 2026 : bénéfices des entreprises, intelligence artificielle, évolution des taux d’intérêt et du dollar américain.
Découvrez notre analyse en vidéo ou bien lisez la transcription ci-dessous. Cette vidéo a été enregistrée le 5 janvier 2026.
2025 : une année boursière pleine de rebondissements
L’année 2025 n’a pas commencé sous les meilleurs auspices pour les investisseurs. Entre le plan tarifaire américain chaotique du président Trump et la poursuite des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, les marchés ont fait preuve d’une remarquable résilience et ont, dans l’ensemble, bien résisté.
Qui aurait imaginé en avril, au cœur d’une forte correction, que certains indices termineraient l’année à un niveau record, du moins en devise locale ? Plusieurs facteurs expliquent ce retournement. D’une part, le plan tarifaire du président Trump, annoncé comme strict et potentiellement inflationniste, a finalement été appliqué de manière plus souple qu’anticipé, limitant l’impact redouté sur les prix. D’autre part, le véritable moteur de la performance a, une fois encore, été la solidité des résultats des entreprises. Convaincants et largement supérieurs aux attentes, ils ont soutenu les marchés.
Une année boursière faite de hauts et de bas
Évolution des indices boursiers, en euros
- Europe
- États-Unis
- Marchés émergents
- Japon
Source : Solactive
L’intelligence artificielle a joué un rôle clé dans le sentiment des investisseurs, sans être le seul catalyseur. D’autres secteurs ont également surpris positivement, signe d’une croissance plus largement partagée. Si les États-Unis ont concentré l’attention, plusieurs autres régions du monde ont, elles aussi, enregistré d’excellentes performances.
La normalisation des taux d’intérêt a également contribué à soutenir les marchés. Elle a ravivé l’attrait pour les valeurs financière tout comme pour les obligations, qui ont elles aussi connu une année globalement favorable.
Pour les investisseurs européens, la faiblesse du dollar a toutefois constitué un frein. Une partie des gains réalisés sur les actions américaines s’est érodée lors de la conversion en euros : un rendement de 17,7 % en devise locale ne représentait plus que 4,1 % en euros. Un rappel concret de l’influence que les fluctuations de change peuvent exercer sur la performance finale.
La surprise de l'année : le dollar s'affaiblit
- EUR/USD
Source : BCE
2026 : des raisons d'être optimiste
À l’aube de 2026, plusieurs tendances méritent une attention particulière. Pour les actions, le principal risque — mais aussi la principale opportunité — repose sur une question clé : les entreprises parviendront-elles à maintenir la croissance de leurs bénéfices ?
Cette interrogation renvoie naturellement au débat sur une possible bulle autour de l’intelligence artificielle. Les valeurs technologiques ont en effet connu une progression spectaculaire ces dernières années. 2026 s’annonce dès lors comme une année de vérité pour l’IA : les entreprises devront prouver que leurs investissements massifs se traduisent par des gains de productivité tangibles et, in fine, par une croissance durable des bénéfices. Si cette dynamique se confirme, les marchés devraient rester bien orientés. En revanche, un ralentissement pourrait peser sur les valorisations, dans un contexte où les attentes demeurent élevées. Pour l’instant, le risque d’un choc majeur semble toutefois limité, notamment parce que les grandes entreprises technologiques disposent de bilans solides, avec d’importantes réserves de liquidités et un niveau d’endettement relativement faible.
Sur le plan politique, l’économie américaine pourrait également bénéficier d’un soutien budgétaire conséquent. Le fameux « One Big Beautiful Bill » du président Trump devrait entrer en vigueur cette année, injectant des montants significatifs dans l’économie. À l’approche des élections de mi-mandat en novembre, le président américain pourrait chercher à maintenir un environnement économique favorable.
Enfin, l’évolution des taux d’intérêt pourrait constituer un troisième facteur positif, même si cette variable reste difficile à anticiper. Si le président Trump plaide pour une poursuite de la baisse des taux, la politique monétaire dépendra avant tout de la santé de l’économie, en particulier de l’emploi et de l’inflation. Cela nous amène naturellement au point suivant : les risques à surveiller en 2026.
2026 : des raisons de rester vigilant
Après avoir évoqué les signaux encourageants, il convient d’identifier les zones d’incertitude. L’une des plus importantes concerne la politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed), la Banque centrale américaine.
La politique monétaire de cette dernière sera particulièrement observée cette année, l’institution accueillant un nouveau président. Une question clé se pose : quelle sera sa réaction face à un éventuel rebond de l’inflation ? Optera-t-il pour un relèvement des taux afin de la contenir, ou privilégiera-t-il la volonté de la Maison-Blanche de maintenir des taux bas pour faciliter le refinancement de la dette publique ? Et que se passera-t-il si le chômage devait évoluer dans la mauvaise direction ? Ce changement à la tête de la Fed ajoute une part d’incertitude, mais peut aussi ouvrir la voie à une approche équilibrée, visant à préserver la stabilité financière tout en soutenant la croissance.
L’incertitude autour des taux influencera également la trajectoire du dollar. Là encore, la vigilance s’impose : l’évolution de la devise américaine reste un phénomène complexe et difficile à anticiper, comme l’année 2025 l’a clairement rappelé. À ces éléments s’ajoutent les risques géopolitiques, ainsi que la persistance des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, autant de facteurs susceptibles d’influencer les marchés.
En résumé, les raisons d’être optimiste existent — qu’il s’agisse des entreprises, de l’environnement politique ou des taux. Mais des valorisations élevées rendent les marchés plus sensibles aux mauvaises nouvelles : résultats décevants, regain d’inflation ou chocs géopolitiques pourraient déclencher des corrections momentanées plus rapides et plus marquées.
Le retour en grâce des obligations
La composante obligataire des portefeuilles offre aujourd’hui des opportunités plus intéressantes qu’au cours des dernières années. Les obligations d’État proposent actuellement un rendement brut d’environ 2,75 %, tandis que les obligations d’entreprises peuvent atteindre jusqu’à 3,75 %.
Ces rendements restent certes inférieurs à ceux des actions, mais ils redeviennent une alternative intéressante et peuvent contribuer à stabiliser les portefeuilles en cas de correction boursière.
Les obligations redeviennent relativement plus intéressantes
- Bénéfices par rapport au cours de l'action - MSCI ACWI
- Rendement attendu des obligations d'entreprises
Source : Delen Suisse, S&P Global, MSCI & Macrobond
Conclusion
Comme chaque année, 2026 apportera son lot de bonnes et de moins bonnes nouvelles, susceptibles d’alimenter la volatilité. L’intelligence artificielle continuera-t-elle à tenir ses promesses ? Quel poids le président Trump conservera-t-il dans les politiques américaines et internationales, notamment pour le Venezuela ? La croissance des bénéfices se maintiendra-t-elle ?
Nous suivrons l’ensemble de ces évolutions de près, toujours avec notre recul, notre approche rigoureuse et notre expertise habituelle. Dans un contexte international complexe, il est important, en tant qu’investisseur, de garder une vision à long terme, de faire preuve de discipline et parfois même de sang-froid.
Restez informé(e)
Suivez Delen Suisse sur les réseaux sociaux et consultez nos récentes publications.